Projet Dernière Chance est l’adaptation du troisième roman de science-fiction de l’Américain Andy Weir, déjà connu pour Seul sur Mars, lui aussi porté à l’écran par Ridley Scott. Cette fois, c’est sous la direction de Phil Lord et Chris Miller que l’oeuvre de l’auteur prend vie. Nous y suivons Ryland Grace (incarné par Ryan Gosling), un professeur de sciences recruté par une organisation spatiale internationale afin d’apporter son expertise face à un phénomène mystérieux qui menace la planète.
En effet, les « astrophages » sont des organismes capables de se nourrir de l’énergie du Soleil, provoquant un refroidissement drastique de la Terre et mettant en péril toute forme de vie. Mais lorsque Ryland Grace se réveille à bord du Hail Mary, seul survivant face à ses deux coéquipiers, il n’a plus aucun souvenir. C’est à travers une série de réminiscences qu’il reconstitue peu à peu sa mission qui n’est autre que de sauver l’humanité. Pourtant sa route la mènera à une rencontre inattendue avec un alien : Rocky.

Le savant-fou moderne

Le thème du premier contact
Projet Dernière Chance revisite le thème du premier contact à travers uplusieurs formes de vie extraterrestres. Les astrophages constituent ainsi le premier contact du récit mais ils se présentent d’emblée comme une menace incompréhensible et invasive. Leur existence même impose une urgence : ils se nourrissent de l’énergie des étoiles, et donc, indirectement, de ce qui rend la vie possible sur Terre. C’est dans cette optique que Ryland Grace est envoyé dans l’espace, avec pour mission de comprendre leur comportement et, surtout, de découvrir pourquoi certaines étoiles comme Tau Ceti semblent leur échapper.
Le véritable basculement du récit intervient toutefois avec le second contact, bien différent du premier. À l’approche de Tau Ceti, située à douze années-lumière de la Terre, Grace découvre un vaisseau colossal, semblable à une cathédrale de métal aux structures énigmatiques. Ici, l’altérité n’est pas menaçante. À bord de ce vaisseau, se trouve Rocky (surnom affectueusement donné par Grace), un être composé de roche et ingénieur originaire de la planète Erid, lui aussi envoyé pour sauver sa planète.
La rencontre entre Grace et Rocky constitue le cœur émotionnel du récit. Grâce à un logiciel conçu par Grace, les deux parviennent progressivement à établir un langage commun. Ce processus, bien que rapide, n’en reste pas moins vital. Là où les astrophages incarnaient l’impossibilité du dialogue, Rocky représente au contraire la possibilité d’une entente, d’une coopération au-delà des différences les plus radicales pour le bien de tous.
Contrairement à des œuvres plus ambitieuses et parfois plus austères sur le thème du premier contact, comme celles de Liu Cixin ou Ted Chiang, le récit adopte ici un ton volontairement plus léger. Andy Weir privilégie une approche accessible, presque ludique, qui rappelle les premiers émerveillements du genre, à l’image de E.T. de Steven Spielberg.
Rocky, par sa nature directe, sa loyauté et sa bienveillance, fait écho à Grace lui-même. Tous deux partagent une forme de solitude et une même volonté de bien faire. Leur relation dépasse rapidement la simple collaboration scientifique pour devenir une véritable amitié, nous livrant des moments comiques et touchants. À travers eux, le récit redonne toute son importance à la découverte de l’autre, à l’écoute et à l’entraide. En construisant cette dynamique, Andy Weir, ainsi que les réalisateurs, font appel à notre sense of wonder, ce sentiment d’émerveillement propre à la science-fiction, mais aussi à une forme d’amour qui dépasse les différences.
Pourtant la fin du film, ouvre sur une dimension inattendue que nous aborderons par la suite tant elle nous amène à nous questionner.



Aucun commentaire